Evaluation de la recherche

par Gérard Friedlander, chargé de mission

Une Mission d’Evaluation de la Recherche à l’Université Paris Descartes : pour quoi faire ?

MicroscopeUne Université aussi multidisciplinaire que Paris Descartes est un ensemble extrêmement divers de champs disciplinaires et de thématiques de recherche, organisés en « composantes » le plus souvent bien organisées et d’une grande richesse, parfois peu au fait de la recherche menée dans les composantes voisines. Ce cloisonnement est encore rendu plus sensible par l’éclatement géographique des sites de recherche et l’absence qui en découle d’une culture de campus. Pour autant, les forces de recherche constituent l’un des atouts majeurs de l’Université. Toutes tendent - ou devraient tendre - à décliner le concept de qualité d’une création intellectuelle dans la diversité des champs disciplinaires.

Quelles sont-elles ? Qui fait quoi et le fait-il de manière performante ? Des liens transversaux entre les disciplines/composantes sont-ils développés ? Comment l’Université peut-elle injecter dans ce domaine des moyens humains, financiers et en locaux - et sur quelles bases ? Comment peut-on, pour ce faire, fournir à la Présidence des outils de pilotage de la Recherche ? Voici quelques-unes des questions auxquelles la Mission d’Evaluation de la Recherche (MER) tentera d’apporter des éléments de réponses.

Quelle est la production de l’Université en termes de Recherche ?
Question simple en apparence. En réalité, l’extraction des articles par les moteurs de recherche à partir des bases de données et leur attribution à l’Université nécessite que l’adresse des auteurs soit convenablement libellée. Le Président de l’Université nous a alerté à plusieurs reprises sur ce point sensible dont dépend pour partie la visibilité de l’Université. Dans ce domaine, il reste beaucoup à faire.
La MER propose, en lien étroit avec la DRED, de faciliter le recours à des modalités d’archivage des publications, telles la HAL, encore très sous-utilisées par les chercheurs. Cette réflexion est en cours. De plus, la sensibilisation à ce sujet, composante par composante, devra être relayée par les membres de la MER.

Pourquoi une évaluation interne alors qu’il existe une évaluation institutionnelle par l’AERES et les organismes de recherche ?
Deux cas de figure, bien différents, sont à considérer : les équipes d’accueil (EA) d’une part, les structures labellisées par les EPST d’autre part.
Pour les premières, le Conseil Scientifique (CS) de l’Université, aidé par la MER, effectue un premier tamisage afin que les dossiers présentés au Ministère aient le maximum de chances d’être retenus. Evaluation par des experts extérieurs menée par le CS, évaluation interne transdisciplinaire menée par la MER devront se compléter afin que les candidats puissent, si nécessaire, améliorer leur dossier de candidature.
En ce qui concerne les structures labellisées en cours de renouvellement (ou de création), il n’est pas question d’une double évaluation. Néanmoins, comme dans tout système compétitif, une autoévaluation bien conduite est un moyen efficace d’améliorer le dossier de candidature en amont de sa présentation aux instances d’évaluation.
C’est la raison pour laquelle la MER élabore, composante par composante, des grilles d’autoévaluation à l’usage des structures en renouvellement quadriennal. Ces grilles pourront bien sûr servir également aux candidats à une équipe d’accueil.

Comment mieux décrire la Recherche à l’Université et en évaluer les forces et les faiblesses ?
La prospective devra nécessairement s’appuyer sur une analyse détaillée de l’existant. L’interaction entre la MER et les Groupes Disciplinaires, qui viennent d’être mis en place, est un élément central en la matière. Ces groupes décriront, champ par champ, l’état des structures de recherche, leurs forces et faiblesses, leur état de cohésion ou, au contraire, de dispersion. Ils feront des propositions de retouches tant logistiques que géographiques.
La MER devra dès lors regrouper et synthétiser ces informations afin de les transformer en indicateurs de pilotage.

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Laboratoire Cochin

Une conclusion avant de commencer
Comme on le voit, le rôle de la MER s’inscrit dans la durée du mandat quadriennal. Son travail, loin d’être isolé, s’articule avec celui des Groupes Disciplinaires, de la DRED, du CS et de la Présidence qui « passe commande ». L’articulation avec la Mission Pédagogique sera également nécessaire dans la mesure où les enseignants-chercheurs ont une double mission. La décision de déplacer le curseur vers l’une ou l’autre de ces missions, qui revient au Président, devra s’appuyer, là encore, sur des indicateurs explicites et transparents.


Membres de la MER
Martine Aiach (Pharmacie), Avner Bar-Hen (Maths-Info), Brigitte Breistroffer (Bibliométrie Siège), Xavier Cabannes (Sciences Juridiques), Yves Charbit (SHS), Olivier Houdé (Psycho), Philippe Menasche (Recherche Clinique), Mohamed Nadif (IUT), Bernard Pellat(Odontologie), Daniel Ricquier (Médecine), Arnaud Sillet (Bibliométrie BIUM), Sylvain Hanneton (STAPS), Isabelle Artaud (Biomédicale Saints-Pères), Gérard Friedlander (Chargé de Mission).
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