L’AERES, l’Université Paris Descartes et l’évaluation

par Arnaud Ducruix, Vice-Président du Conseil d’administration

L’Université Paris Descartes fait partie de la vague D des plans quadriennaux et son évaluation par les différents comités de visite de l’AERES s’est étalée de décembre 2008 à juin 2009 pour les derniers.
Cette évaluation a porté, comme pour les autres universités, sur les activités de recherche, d’enseignement et d’organisation. L’AERES s’est dotée d’une charte et la liste des experts de la vague D est publiée.

Rappelons qu’un bilan et un projet avaient été envoyés en novembre 2008 et que ces documents sont en accès libre en format pdf sur le site web de l’Université Paris Descartes.

Les comités de visite
Plus d’une centaine d’unités de recherche (UMR, EA, IFR, centre de recherche) ont accueilli des comités de visite pour certains internationaux, le plus souvent en présence d’un représentant de l’Université Paris Descartes. L’agenda de ces réunions prévoyait systématiquement une rencontre entre le comité de visite et les autorités de tutelle. L’Université a délivré un message invariant expliquant que :
- L’Université avait une stratégie clairement affichée (voir supra) sur sa politique de recherche, enseignement et management.
- L’Université avait fait examiner les projets soumis à l’AERES par le conseil scientifique de l’Université et pour les équipes d’accueil (EA) pré-évaluer par des experts extérieurs.
- L’Université attendait le retour des évaluations pour prendre des décisions quant au devenir de ces projets et maquettes.

Les évaluations formulées par l’AERES sur les unités de recherche ont été envoyées aux porteurs de projets et responsables de composantes qui ont pu répondre si nécessaire. Des notes (A+, A, B ou C) portant sur quatre critères :
1. Critère 1 : Qualité scientifique et production
2. Critère 2 : Rayonnement et attractivité, intégration dans l’environnement
3. Critère 3 : Stratégie, gouvernance et vie du laboratoire
4. Critère 4 : Appréciation du projet
conduisaient à une note globale qui n’était pas la moyenne des notes mais généralement « arrondie » vers le haut. Les évaluations des IFRs ne sont pas encore toutes arrivées mais il a d’ores et déjà été annoncé par Robert Gardette, chargé de mission à la direction générale pour la recherche et l’Innovation (DGRI), que la décision a été prise de mettre un terme au programme IFR.

Visualiser les notes globales par unités (source : MC Labastie)

En ce qui concerne les équipes labellisées A+ et A, une comparaison rapide avec les universités, Instituts et Ecoles évalués dans la vague C, montre clairement qu’en Sciences de la Vie, l’Université (67%) se situe immédiatement après l’Institut Curie, l’ESPCI et l’école Polytechnique (100% de A+ !) mais clairement devant les autres grandes universités parisiennes et l’Université de Strasbourg.
En SHS, droit, Eco-Gestion, un phénomène analogue est observé, l’Université se situant immédiatement derrière l’IEP Paris et l’école Polytechnique (100% de A+ !) et dans le peloton de tête avec les grandes universités parisiennes et Strasbourg 3.

Les évaluations formulées par l’AERES portaient sur :
- les maquettes de licence qui ont été envoyées à tous les responsables de maquette ainsi qu’aux directeurs de composante et une réponse collective, coordonnée par Mme MH Jeanneret-Crettez (vice présidente du CEVU), a été envoyée à l’AERES par le président de l’Université,
- les maquettes de Master qui viennent de parvenir à l’Université et suivront la même trajectoire,
- les six écoles doctorales qui ont donné lieu à une réponse coordonnée par le Pr Michel Vidaud, directeur du collège des écoles doctorales.

La politique et la stratégie de l’Université Paris Descartes ont quant à elles donné lieu fin mai à un comité de visite de trois jours, au lendemain des congés universitaires de Pâques. Les membres du comité de visite international ont pu examiner l’Université « sous toutes les coutures ». La rédaction de leurs conclusions est en cours.

Et maintenant ?
L’Université Paris Descartes est décidée à proposer à la Direction Générale pour l’Enseignement Supérieur et l’Insertion Professionnelles (DGESIP) la reconnaissance des unités ou formations labellisées A+, A et B. Par contre, pour celles qui ont obtenu un C, la position de l’Université est de ne pas demander la reconnaissance, sauf cas exceptionnel et forcément unique. Cela implique donc l’impossibilité de se voir affecter des postes d’enseignant-chercheur et ITRF, de recevoir des doctorants et l’absence de financement contractuel. Cependant, dans tous les cas, l’Université cherchera la meilleure solution pour préserver les disciplines concernées et permettre aux collègues qui étaient affectés à ces formations de faire valoir, selon une organisation forcément nouvelle, toutes leurs qualités et leur énergie.
Ce sont les conseils scientifiques locaux (CSL), présidés par les doyens et directeurs d’UFR, qui doivent se réunir pour proposer des solutions (par exemple, la fusion avec une équipe d’accueil (EA) labellisée, à la condition que le montage ait un sens et reflète un projet rénové ou bien une insertion dans une Unité Mixte qui accepterait l’accueil pour la durée du quadriennal). Il appartiendra à l’Université de négocier avec la DGESIP pour que celle-ci prenne en compte financièrement les enseignants-chercheurs publiant « reventilés ».
Des réunions seront programmées entres les composantes et le président et les trois vice-présidents des conseils pour avaliser la réorganisation et préparer l’argumentaire dans le cadre de la négociation contractuelle.
La DGESIP entamera les négociations contractuelles dès septembre 2009. L’objectif initial de la DGESIP était que tous les contrats quadriennaux de la vague D (2010-2013) soient signés aux premiers jours de l’année 2010.

L’exemple de la vague C montre que cet objectif est peu réaliste. L’Université aura à cœur de défendre son bilan et ses projets lors de cette négociation contractuelle en insistant sur la créativité dont elle a fait preuve avec l’ensemble du personnel depuis le passage aux responsabilités et compétences élargies.


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