Six départements à la faculté de pharmacie

par Martine Aïach,doyenne de la Faculté de Pharmacie
Dans un contexte de compétitivité internationale accrue, la visibilité et la lisibilité de nos activités sont un nouveau facteur de réussite.

Installée depuis 1882 avenue de l’Observatoire dans de magnifiques bâtiments donnant sur le jardin botanique, la faculté des sciences pharmaceutiques et biologiques est en France la plus ancienne et la plus importante par le nombre d’étudiants qu’elle enseigne.
Site chargé d’histoire et de traditions, la Faculté est naturellement devenue le lieu privilégié de nombreuses rencontres de sociétés savantes et associations professionnelles.
Pour autant, cette identité, dont chacun s’enorgueillit, ne doit pas nous empêcher d’aller résolument vers la modernité, nous appuyant pour cela sur une université prestigieuse tournée vers les sciences de l’homme et de la santé.
Quotidiennement, 190 enseignants-chercheurs, 70 chercheurs et 139 BIATOS animent la vie de la Faculté, dispensant une formation de qualité à plus de 4 000 étudiants et développant une recherche innovante.

Pharmacie

Recherche et enseignement : un lien indéfectible
L’organisation de la recherche et des enseignements a considérablement évolué au cours des années en fonction des progrès de la connaissance et des missions nouvelles de la profession de pharmacien.
La recherche a bénéficié de la création en 1998 de l’Institut fédératif de recherche « Institut des Sciences du médicament ». Parallèlement, l’obligation d’appartenir à une équipe d’accueil ou à une unité de recherche d’un EPST, pour bénéficier de crédits et de locaux et pour pouvoir accueillir des doctorants a contribué de façon très positive à la structuration de nos laboratoires de recherche.
Notre mission d’enseignement ? Elle est double. Former des docteurs en pharmacie et former les étudiants des filières santé et sciences de l’université aux sciences biologiques et aux sciences du médicament. Pour ces derniers, le master en sciences de la vie et de la santé ou le doctorat de l’université Paris Descartes sanctionne leur cursus universitaire.
Former de futurs docteurs en pharmacie peut paraître simple. En réalité, les contraintes liées à un diplôme donnant droit à l’exercice de la pharmacie dans différentes professions , toutes régies par le Code de la Santé, et le caractère très polyvalent des savoirs qui doivent être acquis rendent l’exercice très complexe.
La polyvalence du pharmacien explique la grande variété des disciplines d’enseignement qui lui sont dispensées. Allant de la chimie médicinale sous ses formes multiples à la biologie la plus sophistiquée en passant par les sciences pharmaceutiques spécifiques, le droit ou encore la santé publique les champs disciplinaires sont aussi pointus que variés.
Force est de constater que cette polyvalence autour du médicament et de la biologie, bien que porteuse d’avenir, engendre de sérieuses difficultés : l’ensemble de nos activités d’enseignement et de recherche manquent de lisibilité. Les étudiants eux-mêmes ont de plus en plus de difficulté à percevoir la diversité des métiers de la pharmacie et la valeur reconnue de la formation qui leur est dispensée.
Un certain nombre d’enseignants n’ont pas pu se constituer en équipe d’accueil ou s’insérer dans une unité EPST, leurs compétences étant trop éloignées des thèmes de recherche pointus de ces unités. La solution pour certains s’est trouvée dans le rattachement à d’autres sites de l’université, mais cela n’est possible que s’il existe des sujets d’intérêt communs.

Pharmacie TP

Recherche et enseignement : un lien plus cohérent
Dans un contexte de compétitivité internationale accrue, la visibilité de nos activités sont un nouveau facteur de réussite. Conscients de cet état de fait, pour améliorer la lisibilité de notre offre de formation et favoriser le dialogue entre l’enseignement et la recherche, l’idée de structurer la Faculté en départements a été proposée à l’ensemble des enseignants-chercheurs et chercheurs.
Soumise à la réflexion de chacun lors d’une première réunion, cette nouvelle organisation se dessinait après seulement quelques semaines de discussion. Lors d’une seconde réunion, les contours de 6 départements étaient posés, réunissant 27 services d’enseignement, 8 unités EPST et 8 équipes d’accueil. 2 équipes d’accueil devraient rejoindre des unités EPST et 2 autres fusionner, ce qui réduirait à 5 le nombre des équipes d’accueil dans le prochain plan quadriennal.

Il reste maintenant à fixer l’organisation interne de chaque département.
La gouvernance de chacun devra s’établir autour d’un directeur dont nous souhaitons qu’il soit choisi de façon consensuelle parmi les professeurs de la Faculté. Il est souhaitable que celui-ci s’entoure d’un conseil comprenant des représentants des enseignants-chercheurs maîtres de conférence, des chercheurs, des BIATOS.
Le rôle des BIATOS dans la recherche, la préparation des enseignements, la gestion et l’administration et la recherche devant être défini précisément, des fiches de postes devront être rédigées de façon à couvrir les besoins du département en essayant de mutualiser les tâches de gestion, d’enseignement et d’encadrement. Parallèlement, une réflexion devra être conduite sur des restructurations de locaux qui pourraient rapprocher les équipes et permettre une optimisation de leur répartition, restructuration couplée obligatoirement à un plan de rénovation. Enfin, chaque département, à terme, pourra constituer des unités de recherche plus importantes, amplifiant ainsi le mouvement de fusion déjà amorcé.

Martine AïachJe me réjouis profondément de voir mes collègues s’impliquer dans la réflexion qui, je l’espère, permettra à chacun de trouver sa place mais aussi de comprendre sa responsabilité collective vis-à-vis des étudiants et de l’Institution. Le débat est lancé, nous ferons le point lors d’une prochaine réunion.

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