L’Emprunt National pour les Investissements d’Avenir et les Initiatives

par Axel Kahn, Président de l’Université Paris Descartes

Les appels d’offres lancés dans le cadre de l’Emprunt National pour les Investissements d’Avenir battent leur plein. L’Université Paris Descartes et ses laboratoires y répondent dans le cadre du PRES Sorbonne Paris Cité. Tous les projets de nos formations de recherche et d’autres structures sont évalués par le Conseil d’Orientation Scientifique et Pédagogique et labellisés par le Bureau du PRES.

Notre établissement est en particulier concerné par les cohortes en santé publique (quatre projets) ; les Equipements d’Excellence (participation à trois projets) ; les Instituts Hospitalo-universitaires (un projet, Necker-Imagine) ; les Instituts de Recherche Technologique (participation à un projet) ; les sociétés d’accélération du transfert de technologie (participation à un projet) ; les laboratoires d’excellence (participation à onze projets, dont six dirigés par un membre de Paris Descartes).

Bien entendu, nul ne peut anticiper le taux de succès global de ces différents dossiers mais nous pouvons d’ores et déjà observer que Sorbonne Paris Cité dans son ensemble et notre établissement en son sein, se sont superbement mobilisés pour répondre aux différents appels d’offres et soumettre des dossiers de qualité. Reste maintenant une étape, la plus importante pour l’Université Paris Descartes et le PRES Sorbonne Paris Cité : l’appel d’offre pour les Initiatives d’Excellence (Idex).

De quoi s’agit-il ? Il est prévu que soient sélectionnés sur toute la France, entre sept et dix Idex, qui seront des ensembles remarquables d’enseignement supérieur et de recherche au grand rayonnement international et efficacement enracinés dans le tissu socioéconomique de leur territoire. Le financement de ces Initiatives d’Excellence reposera sur les revenus du placement dans des conditions garanties d’une somme comprise entre sept cent millions et un milliard d’euros, soit autour de trente millions par an, dont sans doute vingt cinq millions consommés et cinq rajoutés au capital pour en éviter l’érosion. Cet argent servira à financer les laboratoires d’excellence et d’autres projets remarquables identifiés par les porteurs de projet, dans le domaine de la recherche, de la formation, des actions internationales, des efforts entrepris pour promouvoir l’égalité des chances, etc.

Pourront aussi être financées au titre du Grand Emprunt des initiatives « d’interface » destinées à assurer la continuité – et l’effet d’entrainement – entre les projets présentés dans le cadre de la réponse à l’Appel d’Offre Idex, et le reste de l’établissement porteur de l’Idex, c’est-à-dire, en ce qui nous concerne, le PRES Sorbonne Paris Cité.

Le capital affecté aux Idex sélectionnés sera, durant les quatre premières années, géré par l’ANR, seuls les revenus revenant au porteur des projets. Il est prévu par le gouvernement actuel qu’au terme de cette période probatoire de quatre ans une évaluation soit menée de la capacité des établissements à remplir leurs objectifs. Ce n’est qu’alors, en cas de succès de cette évaluation, que le capital lui-même serait transféré en pleine propriété aux porteurs de projets.

Les analyses sur la qualité du dispositif, ses conditions et ses conséquences, les présupposés organisationnels privilégiés par le gouvernement, diffèrent ; certains insistent surtout sur un effort annoncé historique en faveur de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ; d’autres craignent plutôt les déstabilisations induites des Unités Mixtes de Recherche (UMR) et du fonctionnement des universités elles-mêmes, tel qu’il découle de la loi d’août 2007 (Loi LRU).

L’esprit dans lequel l’Université Paris Descartes et ses partenaires de Sorbonne Paris Cité se sont engagés dans cette « compétition » est celle d’une totale fidélité à l’image d’universités autonomes qui accomplissent une mission de service de service public et considèrent que leur union leur permet de la mieux remplir qu’elles ne le feraient laissées à elle-même. Dans ce cas, le PRES est le moyen de faire valoir des atouts évidents dans tous les domaines de l’enseignement et de la recherche, de la formation des élites intellectuelles du pays, pour disposer de moyens en principe importants pour atteindre des objectifs partagés.

Nous avons conscience que notre mobilisation actuelle est sans doute essentielle pour assurer la poursuite dans l’avenir de nos ambitions universitaires. La qualité de cette mobilisation et les données objectives appréciant notre valeur nous rendent optimistes mais pas vaniteux : le succès est à l’évidence possible, il continue à dépendre de l’engagement de tous.


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